Sweet India

Nous ne savions pas comment décrire l’odeur qui nous a fait fuire New Delhi et dont nous avons trouvé quelques réminiscences à Bombay, jusqu’à que nous tombions sur ce fameux passage dans un livre offert quelques jours avant notre départ par Camille C.
Paradoxalement, savoir que nous ne sommes pas les seuls à les avoir perçues et endurées est extrêmement rassurants!
« Je connais cet air, je le renifle et il me renifle ; c’est l’air des tropiques, humide, doux, rechauffé par la macération des herbes, des animaux, des égouts à l’air libre, aigri par un relent d’urine, de bêtes en captivité ; c’est un air qui m’émeut, m’excite par sa décomposition et son ingenuité, sa lourdeur génératrice de champignons, de moisissures, de mousses ; voilà l’air de l’Inde, sale et vital, purulent et douceâtre, putrefié et infantile. [… ] On a l’impression de plonger dans un marais d’air. L’Europe disparaît derrière moi, tout comme le très propre Siddharta ; et même le vedânta expliqué par Aldous Huxley paraît un fantasme hygiénique. Je suis en Inde au seuil d’une maladie continentale, d’un lieu dont la première bouffée d’air me parle de décomposition et d’immortalité, de lèvres et d’idoles . » (Itinéraire indien, Giorgio Manganelli)
Mais également après quelques accros avec l’administration indienne, nous ne pouvons nous empêcher de partager cette réflexion de Houellebecq dans son dernier livre, Sérotonine.
« L’administration à pour objectif de réduire vos possibilités de vie au maximum quand elle ne parvient pas tout simplement à les détruire, du point de vue de l’administration, un bon administré est un administré mort. »
Il ne reste plus qu’à leur traduire en hindi!

We just don’t know how to describe the smell we tried to escape from in New Delhi and of which we found traces in Bombay. We found a description in a book, that Camille C. gave us a few days before our departure, that captures its essence. Paradoxically, knowing that we weren’t the only ones to have endured these odours was extremely reassuring!

« This air is familiar, I smell it and it smells me ; it is the air of the tropics, humid, soft, warmed by the rotting of grasses, animals, uncovered sewers soured by stench of urine, captive animals ; it is air that moves me, that excites me with its decay, its genius, its heaviness that breeds fungus, damp and moss ; that is the air of India ; dirty and alive, stinking and soft, putrid and infantile (…). You are plunged into a marsh of this air. Europe is long behind just like the very clean Siddhartha ; even the Vedanta, described by Aldous Huxley, seems like hygienic fantasy. I am in India on the threshold of a continental illness, of a place in which the first intake of air reeks of decomposition and immortality, of lips and idols ». (Indian itinerary, Georgio Manganelli).

Despite a few difficulties with the Indian administration, we could not prevent ourselves from sharing Houellebecq’s thoughts in his latest book, Sérotonine.

“The objective of the administration is to reduce your life options to their maximum, if not to destroy them. From the administration’s view point, the best type of citizen is a dead citizen”.

Now we just need to translate that into Hindi!


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