Emmenez-moi au bout de la terre

Nous vous avions quitté en Iran et c’est en Arménie que nous reprenons notre plume (enfin notre portable…) pour vous donner quelques nouvelles.
Afin d’atteindre la patrie de Charles Aznavour, nous avons suivi la magnifique vallée de l’Araxe qui longe les frontières entre Iran-Nakhitchevan (république autonome d’Azerbaïdjan) et Iran-Arménie, sur une centaine de kilomètres. Nous suivons le fleuve sous le soleil alors que le printemps se manifeste partout : des coquelicots, des arbres en fleurs… Cela fait un moment que le paysage se faisait moins sec, moins dur, mais là c’est l’explosion, tout est plus humide, plus vert, plus vivant !
Alors que nous longions un massif montagneux, passer la frontière et rejoindre l’Arménie signifie bifurquer à gauche toute et s’enfoncer dans ces montagnes que nous regardions d’en bas… Cette frontière est un choc : géographique d’abord puis culturelle. Les femmes dévoilent leurs cheveux et leurs formes, les églises surplombent les villages, les rayons d’alcool et de charcuterie occupent 50 % de la surface des magasins… Ça transpire l’Europe !
Dès le premier jour, nous partons la fleur au fusil avec pour seule information … que ça monte ! Bien mal nous a pris, nous pédalerons 7h d’affilée sans pouvoir nous arrêter tant la neige, le froid, le brouillard apparuent peu à peu, ont rendu tout arrêt inhospitalier. Nous parviendrons de l’autre côté en fin d’après-midi transis de froid après avoir passer ce col de 2535 mètres, nous même un peu surpris.
Si l’Arménie fait chuter notre moyenne kilométrique, ses paysages nous récompensent chaque jour : c’est un pays magnifique ! Des montagnes à perte de vue, des ruisseaux et torrents partout, des églises perchées dans des lieux où soufflent la Vouivre, des lieux de bivouacs magiques… Bref, ça ne sert à rien de décrire, il vaut mieux regarder les photos !

Nous sommes désormais à Erevan où nous passons une semaine en attendant nos visas russes. Il y fait bon de vivre, on y décèle un peu de la douceur des villes italiennes, le charme des pays de l’Est, un soupçon de Russie dans un cadre presque tyrolien…. Plus que jamais, « l’aventure déblaye en plein réel des oasis de ferveur et d’intensité ; elle redonne vie à l’instant picaresque, exalhte le délicieux décousu de l’existence. » (V. Jankelevitch)

A gauche: Nakhitchevan ; A droite: Iran
Une aire de pique-nique arménienne « all inclusive »: eau de source, table abritée, espace barbecue avec du bois à disposition, fleurs, vue… Et le tout d’une propreté impeccable !

Les chemins arméniens
Un compagnon de route nommé Araxe
Un beau soir
Zorats Karer: le Stonehenge arménien
Lac Vorotan
Le monastère de Khor Virap
Dîner avec le mont Ararat

Laisser un commentaire