« Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons ! »
Nous sommes partis frais et fringants du quartier de Plaka, coeur historique d’Athènes, sans métro, bus ou tramway qui nous auraient permis d’échapper aux quartiers étirés dont le centre de gravité est plus qu’incertain, aux zones industrielles et résidentielles qui bordent toutes nos villes européennes. Plein d’allure et sûr de nous, la marche nous a rendu très vite de force notre humilité. Il fait chaud, très chaud et nos pieds ont été bien préservés par 6000 kilomètres de vélo. Très vite, les ampoules apparaissent, le sac frotte, il se fait lourd sur nos épaules.


Nous avons décidé de partir au nord-est pour rejoindre l’île d’Eubée, si proche de la capital mais encore sauvage et peu touristique. Nous la longeons du sud au nord, en essayant autant que possible de suivre la route côtière qui parfois se perd dans les montagnes.


Marcher, nous savons faire. Mais sous 38 degrés, beaucoup moins. Si Adrien supporte plus facilement la chaleur, j’ai l’impression de suffoquer et je l’avoue ici, sous cette chaleur, je ne prends aucun plaisir à la marche. On essaie alors de s’adapter mais le rythme est épuisant : levé cinq heures, premier kilomètre à cinq heures trente jusqu’à midi. C’est alors une course contre le soleil qui commence car il faut faire l’essentiel de notre journée avant qu’il ne fasse trop chaud. Il faut ensuite trouver un endroit calme et à l’ombre pour faire la sieste – certains jours sont plus chanceux que d’autres – jusqu’à six heures du soir où le soleil déclinant, nous marchons jusqu’à neuf heures. Tout ça, pour des journées entre 25 et 30 kilomètres. Il faut bien avancer que diable, nous allons bien « quelque part », nous avons même un rendez-vous à honorer en décembre ! Alors, on marche !


Notre péché gourmand ? S’arrêter au café du village, commander des cafés frappés ou des pintes et faire comme les grecs, c’est à dire rien et tout en même temps, regarder les gens et les chats passer.

L’île d’Eubée nous ravit, il n’y a personne et elle sera notre terrain de mise en jambe. Petits pieds, allez, il faut marcher désormais! Nous quittons rarement la mer des yeux. Le monastère de Galataki nous fait fantasmer… Sur cette île, isolé, au bord de la mer, entouré d’oliviers et d’eucalyptus, quelques soeurs voilées et tout de noir vêtues, prient en même temps Poséidon et Saint-Nicolas. Nous dormons souvent sur la plage mais c’est plus joli en photo qu’en vrai parce que dans la réalité, les plages sont faîtes de galets et cela fait très mal au dos.


La marche devient plus facile près du petit village de Kanalia où une dépression atmosphérique nous apporte – deux en un – une tempête et une chute de température ! Malgré le vent qui a failli emporter la tente, remerciements infinis à celui qui fait chuter la température de 10 degrés en rendant notre marche moins pénible. Remerciements infinis aussi à ce pope qui dans un anglais mêlé de grec nous ouvrira les portes de son village, de son histoire et surtout de sa magnifique chapelle aux fresques byzantines, joyau caché mais préservé et restauré des ravages du temps. Difficile de rester insensible aux fastes de l’orthodoxie…

A 70km au sud du Mont Olympe, nous prenons désormais quelques jours de repos pour mieux en savourer l’ascension à venir…
Real travelers get up and go for the sake of going somewhere light hearted and light footed. They always say « let’s go » without really knowing why.
We set off fresh & clean from Plaka, the historical heart of Athens. Taking the metro, bus or tram would have enabled us avoid the urban sprawl, industrial zones and residential areas that surround all towns in Europe these days.
With a confident spring in our step, we met head on the inevitable and humbling experience of walking.
It was hot, very hot. Our feet had been somewhat protected during the cycling despite the 6000 kilometers covered. Blisters appeared. Our rucksacks chaffed and pulled at our shoulders.
We had decided to head north east towards the island of Eubée, close to the capital but still relatively preserved from tourism. We crossed the island from south to north following the coast road when possible.
Walking is natural. BUT walking did not come easily at 38°. Adrien coped well with the heat but I was suffocating and I admit, with such heat, walking was no fun. So, we tried to adapt as best we could but the going was tough. We would get up at 5am, and walk until noon. It was a race against the sun because our objective was to do most of our walking before it got too hot. Then we’d have to find a quiet and shady spot to crash out until 6pm when the sun was on the decline and then we’d push on until 9pm. Some days we struck lucky and others not. We were able to clock in the 25 to 30 km per day. Hell, we had to make progress. We had places to go and an important rendez-vous in December. Come on! Walk!
We took great pleasure in stopping at village cafés for iced coffee or a pint of beer and watch the world and stray cats go by as the Greeks like to do.
Eubée Island was gorgeous and tourist free. It was there that we broke into our stride. Baby steps, let’s go, from now on we are walking! We kept the sea in sight. The Galataki monastery was a boost. The island was covered with olive and eucalyptus trees. A few nuns dressed in black with covered heads prayed in the same breath to both saint Nicolas and Poseidon.
We often slept on the beach. The photos are better than the experience itself as the beaches are stony. The stones are really hard on the back.
Walking became a little easier as we neared village of Kanalia. A drop in atmospheric pressure bought on a welcome storm and a fall in temperature.
The wind nearly blew our tent away but the fall in temperature of about 10° made walking tolerable. We were so grateful to the priest who welcomed us into his village and its history, its magnificent chapel with byzantine fresques, a preserved jewel that escaped the ravages of time. You could not but be impressed but the orthodox annals.
70 km south of Mount Olympia, we took a couple of days rest so as to savour the ascent that lay ahead…