
Chers amis,
après un mois de marche, un de nos sujets de conversation avait des allures de ritournelle… Quelles sont les différences entre le vélo et la marche ? Nous vous donnons ici un petit résumé sans prétention si par hasard vous vous lancez à l’Aventure et avez encore quelques doutes sur votre moyen de transport. Alors à pied ou à pédales ?
D’abord le vélo, celui qui nous a permis de faire 6000 km en cinq mois et de relier l’Inde à la Grèce en passant par l’Iran, l’Arménie, la Géorgie et la Turquie.
Pour les longues distances de l’Inde et de l’Iran, le vélo a été idéal. En Iran, le paysage peut rester égal pendant des centaines de kilomètres ! C’est un moyen de transport finalement très rapide (moyenne de 80 km par jour) qui permet d’être très autonome et vous donne beaucoup de marge de manoeuvre. Par exemple, si à l’heure du déjeuner, la ville où vous aviez prévu de faire des courses n’a pas d’épicerie ouverte, vous pouvez facilement faire 20km de plus pour aller à la prochaine, ce qui est beaucoup plus difficile à pied.
À vélo, vous portez indirectement tout votre matériel, donc c’est plus facile d’avoir avec soi quelques éléments de plus comme des livres, des condiments ou des affaires de rechange. Et puis, pas de problème de frottements, pas d’ampoules, pas de mal de dos et pas d’échauffements. Juste un peu mal aux fesses les premiers jours, mais ça disparaît très vite !
Par contre, le vélo oblige à suivre les grands axes. On peut prendre les GR mais avec le risque de devoir porter son vélo de temps en temps. C’est ce qui nous est arrivé en Arménie dans une descente très pentue, où il nous a fallu 2h pour faire 2 km… Ça veut dire aussi parfois un peu dangereux, coeur solide nécessaire à cause des nombreux coups de klaxons impromptus ou des conducteurs fantasques. De plus, on est exposé à la pollution et à la poussière en permanence, on se sent d’ailleurs moins sale après une journée de marche qu’après une journée de vélo.
Nous avons aussi remarqué qu’à vélo, il était plus difficile de se parler car la route oblige souvent à se mettre l’un derrière l’autre, et le bruit des véhicules brouille toute conversation. Nous avions également plus de difficulté pour trouver des lieux de bivouacs parce que le vélo permet moins de se cacher.
On peut dire que pédaler est moins propice à la réflexion, beaucoup de l’attention est accaparée par la route ou par le rythme cardiaque plus fractionné. La courbe des efforts est plus régulière en marchant et ça se ressent d’ailleurs lors du passage à la gamelle. Nous mangeons deux fois plus à vélo qu’à pied !
Le vélo est aussi une machine qu’il faut entretenir, vous éviterez difficilement – quelque soit votre modèle – les crevaisons, l’usure des freins, les rayons qui lâchent… C’est souvent assez simple à réparer mais il faut se salir les mains et avoir le bon matériel de maintenance avec soi.
Enfin, nous avons souvent eu l’impression en vélo d’être à côté du paysage et non DANS le paysage. On accède plus rarement à la nature sauvage.
Vous l’aurez compris, et même si nous ne marchons que depuis un mois, c’est pour la marche que notre coeur balance. Certes, nous ne profitons plus des sensations incroyables que procurent les descentes où il suffit juste de se laisser glisser… Mais comme la marche est plus lente, elle offre au randonneur plus de découvertes, de détails et de petits trésors qui seraient restés dissimulés en vélo. Plus régulière, elle est aussi plus méditative et plus encline à laisser de longues discussions s’installer… Nous trouvons plus facilement nos lieux de bivouacs, nous sortons plus facilement des sentiers battus, nous coupons régulièrement à travers champs… C’est encore plus de liberté !
Alors l’envers de la médaille, c’est bien sûr les frottements, les ampoules, le poids du sac mais qui disparaissent au fur et à mesure des kilomètres. Il nous a fallu deux bonnes semaines pour que notre corps s’habitue tout à fait. Tout ce que vous portez, c’est pour votre dos donc on se convertit vite au minimalisme et à la vie simple (très simple) pour tenter de parvenir à 1/5 de son poids (poids recommandé pour éviter les problèmes de dos).
Enfin, avec une moyenne de 4km/h, plus d’attention doit être accordée à l’itinéraire pour être sûr de trouver de quoi se ravitailler en nourriture et en eau. On se sent donc plus vulnérable en marchant mais c’est d’autant plus d’émotions et d’émerveillement à la clé !
Si vous êtes arrivés au bout de ce pavé, c’est bien que vous avez décidé de vous lancer, non ? Alors à bientôt sur les routes !
Aventure : walking or wheeling ?
Dear friends,
One month of walking later our conversations were sounding a bit repetitive.
What are the differences between biking and walking ? Below our short and modest resumé if you were ever so inclined to set off adventure seeking.
Biking first. Biking, we covered 6000 kilometers in 5 months going from India to Greece via Iran, Armenia, Georgia and Turkey.
For long distances, biking is ideal. You can easily cover 80 km each day quite quickly. You are also autonomous with a large degree of freedom. If for example, if there is no shop in the town you had planned to buy lunch, you can pedal 20 more km to the next one. You don’t have that kind of flexibility on foot.
Your load is carried indirectly whilst biking so you carry things like books, preserves and changes of clothes. And what’s more, no chaffing, no blisters no sore back and no warming up. Just pain in the backside for the first few days.
On the other hand, biking requires you to take roads. You can of course take foot paths as long as you are prepared to carry your bike from time to time. That is what happened to us in Armenia going down a very steep slope and it took us 2 hours to cover 2 km… it was also a little dangerous. Best not be nervy either to stay calm with the impromptu hooting of passing cars. What’s more, you are permanently exposed to pollution and dust. You feel filthy after a day’s cycling.
Talking is more difficult due to the noise of traffic and we had to cycle one behind another. It was also more difficult to find a place to sleep because bikes are very visible.
Pedaling is less conducive to thinking as your attention is directed towards the road. The cardiac rhythm is also unequal. Physical effort is more regular when walking. We noticed that we ate twice as much when biking as compared to walking.
The bike also needs maintenance. Whatever the brand, you cannot avoid punctures, wearing out the brake pads, spokes falling out…
These reparations are quite simple but, you get your hands dirty and you need to have the appropriate tool-kit to hand.
And finally, we often had the impression of looking at the countryside and not being IN the it. Access to the wilderness is problematic.
So you get it ! Even if we have only been walking for a month, we love walking more than cycling. Sure, we miss those down-hill wheelies… slower, walking allows for greater discovery of treasures that escape the cyclist. With a more regular rhythm, it is more meditative and conducive to lengthy discussion…It is also easier to stay off the beaten track, find places to bivouac, to cross-country. It provides greater freedom.
On the other hand, there is chaffing, blisters, the weight of the rucksack digging into your shoulders. It took us two good weeks to get used to these pains and aches that finally faded away.
We became scrupulously minimalist to limit the rucksack to 1/5 of our body weight (recommended ratio to avoid back pain).
With an average speed of 4km/hour, we needed be more watchful of our itinerary so as to be sure to find water and food. We are more vulnerable on foot but it is the price to pay for stronger sensations and wonder.
If you have read this far, that means you are tempted to start an adventure? Well, see you soon !