Enfin, ils sont là ! Nous sommes tellement heureux de les voir, comme si c’était hier et d’autant plus, que nous avons crû qu’une compagnie aérienne crapuleuse nous priverait de leur compagnie. Mais nous voilà tous les quatre, à la gare routière de Ljubljana. Première chose à faire, aller déjeuner, slovène si possible dans le très agréable centre ville, qui s’étire le long des berges de la Ljubljanica.

La nourriture slovène tient bien au corps, beaucoup de viande, de pommes de terre et de fromage… Excellent pour les marcheurs que nous sommes. Côté dessert, nous nous mettons d’accord pour goûter le Gibanica, cake de pomme, de noix, et de caramel. Un peu de bus pour sortir de la ville et nous voilà à Skofja Loka, pour rejoindre le chemin européen E7 que nous allons suivre pour les jours à venir.

La première montée est difficile et nous aurons d’ailleurs de la peine à trouver un endroit plat où dormir. Et comme d’habitude, je grince des dents en arrivant au lieu de bivouac, mais une fois que nous l’aurons aménagé, que j’aurai pris mes repères – ça ne manque jamais – je repare toute guillerette le lendemain matin : « Il était très bien ce lieu de bivouac. »
Difficile de tout raconter, sachez simplement que Manu et Adrien ont ouvert la marche, Aude et moi suivant quelques mètres plus loin. Que la nature a été généreuse avec nous, puisque nous nous sommes régalés de poêlés de bolets, de coulemelles et de girolles… Mais aussi de pommes, ramassées en route puis cuites avec un peu de sucre et de rakija au miel : un délice !

La nature a été généreuse, mais les slovènes aussi. Preuve en est cette arrivée dans ce lieu de bivouac magique, vue sur les montagnes embrumées. C’était propre, l’aire de feu était déjà là, les bancs de bois aussi. Adrien s’exclame : « Quel dommage, en plus de nos champignons, il ne nous manque que des bières ! » Et c’est là que Manu a ouvert une sorte de trappe et découvre…. (non, non je ne plaisante pas) quatre bières ! Quatre bières pour quatre randonneurs qui n’attendaient que nous à plus de 1000 mètres d’altitude. Manu, chevalier toujours, a tout de même laissé un petit billet à ce slovène qui nous a régalé.

Après un bain frais mais bien mérité, une pizza (moins de 30km de la frontière italienne oblige), les S. nous ont quitté et nous ont laissé un peu déboussolés de ces quatre jours où les conversations ne sont pas arrêtées. On échange tellement plus le pas cadencé !

A partir de la petite ville de Breginj, nous montons 1000 m de dénivelé positif en une matinée. Mais le petit refuge qui nous attend pour notre déjeuner en vaut la chandelle. Petit, moderne, prévu pour 4 personnes maximum, il est extrêmement bien aménagé. Voici une photo de l’intérieur. Les bancs servent à la fois de chaises et de lits. On se cesse jamais d’être étonnés !


La ligne de crête marque la frontière entre la Slovénie et l’Italie. Sur le versant sud, nous apercevons des chamois à foisons. Nous les trouvons plus gras que nos derniers chamois grecs. Selon Adrien, « c’est le début de leur stock pour l’hiver ! » Comme ils sont beaux dévalant la pente ! Plus agiles que nous, tout grinçants et lourds quand nous redescendons vers la ville.

Versant Nord, nous suspendons nos pas quand nous entendons à moins d’une centaine de mètres, le brame si rauque, si grave du cerf. Adrien voudrait s’approcher mais ça veut dire suivre la pente, je préfère continuer. Et là, alors que nous remontions une petite butte, il est là à 10m de nous, le seigneur de la forêt, majestueux, des bois immenses. Quelques secondes de rencontre, c’est notre apparition. Quelle accueil de la part de l’Italie !
