Faux retour !

Il y a des faux départs, mais il y a aussi des faux retours ! C’est un peu notre sensation depuis que nous sommes rentrés en France, après avoir passé la frontière dans la banlieue de Bâle pour débarquer dans le froid de canard alsacien.

9 mois que nous avions quitté la France !

Surexcités d’être rentrés au pays, jusqu’à que nous nous rendions compte… premièrement qu’il nous restait 700 km jusqu’au Mont Saint-Michel et deuxièmement que nous avions laissé la pluie à la frontière pour trouver un froid mordant.

Winter is coming !

Au moins ici nous pourrons davantage discuter avec nos compatriotes, tout échange en allemand étant très limité. (Sans compter la diversité des dialectes qui font le charme des Alpes). Et je contesterai désormais tous ceux qui déclarent à tout va à quel point  » Les Suisses et les Allemands sont bons en anglais ! » Depuis les Balkans, dans ces régions d’Europe, c’est l’allemand qui prime.

Pour faciliter la topo, nous longeons le canal qui relie le Rhin au Rhône, accompagnée d’Emma débarquée de l’aéroport de Bâle depuis Berlin. Après une bonne journée de marche et 25 km, Emma nous ouvre au bivouac du soir le contenu de son sac qui semble sortir tout droit du film de Mary Poppins : 3 litres de bières artisanales, du chocolat, de la crème de marron, du saucisson et j’en passe!

Un quotidien dans la boue

Nous avons bien failli avoir une soirée gâchée après qu’Adrien soit tombé dans l’eau aux alentours de 18h et alors que le thermomètre devait friser le 0 degré. Complètement gelé, il nous fallut sonner à la porte d’une maison pour demander de l’eau chaude et nettoyer la glaise qui recouvrait ses jambes, son short et ses chaussures. Par chance, nous avons ensuite pu planter la tente près d’un verger bordant le canal où Monsieur Écluse nous a gentiment fourni du bois, du papier journal et une grille (chaque élément cité fut precieux)! De quoi invoquer la Providence.

Après quelques dégâts, prêt à repartir!

Plus nous nous avançons dans le Doubs, et plus le froid semble s’intensifier. (Malgré nos plaintes, nous nous sommes mis d’accord sur le fait que nous préférions le froid à la pluie.) Donc nous essayons de frapper aux portes espérant peut-être trouver un peu plus de confort que sous notre tente. Ça ne marche pas toujours et c’est toujours difficile d’être regardés de haut en bas comme des uluberlus. Mais quand on nous accueille alors là, ce n’est pas seulement la douche chaude, le matelas que l’on fête, mais aussi une soirée bien accompagnée et de l’énergie pour plusieurs jours. Dernier arrêt en date : chez un gardien de château multipliant les casquettes d’agent de sécurité et de rebouteux.

Parfois, quelques rayons de soleil

C’est transis de froid que nous arrivons chez Annelyse comptant bien recharger notre capital CHALEUR.

« Quelques lieux que je coure, c’est toujours à celui-là que je reviendrai, c’est là que tout me ramènera, mort ou vif. » CM